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Laissons de la place à la nature...

Il est évident que la nature ne nous survivra pas si l’humanité n’accepte pas de lui laisser une place. Cinquante pour cent de la surface de la terre a été modifié par l’usage de l’homme, et il n’existe plus de territoires véritablement vierges. 

Nous devons donc accepter que la nature ait une place dans notre jardin, à la campagne et à la mer, que des forêts naturelles (sans l’intervention de l’homme) ou des grands espaces sauvages existent. Pendant des siècles, l’homme a combattu la nature pour construire un monde « civilisé ». Il ne s’agit donc pas là d’une réflexion légère mais d’une véritable révolution culturelle, qui reste à mener.  


Cessons de considérer la nature comme ce qu’il reste quand tout a été aménagé.
La sauvegarde de la biodiversité pose aussi une question personnelle et éthique. Quelle place sommes-nous prêts à accorder à la nature en ce début de XXIème siècle ? Quels efforts, renoncements et changements dans nos modes de vie et de consommation sommes-nous prêts à concéder pour la biodiversité ? Pour nous, pour les générations futures ?

   Romain Gary, Lettre à l’éléphant.   (Le Figaro Littéraire, Mars 1968)   
« Monsieur et cher éléphant, … A mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes. …
Dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme.
 » … 

La biodiversité décrit la richesse du monde vivant, et sa complexité.

Nous partageons la planète avec des millions d’espèces vivantes, dont beaucoup nous sont encore inconnues.

Tout à la fois plantes, animaux, hommes et sociétés, la biodiversité désigne la vie dans sa plus petite expression (invertébrés, plancton), voire dans ses formes invisibles (virus, bactéries), comme dans son immensité (océan, forêt tropicale).

   Josué de Castro, Ecrivain et Economiste Brésilien   
« Les générations actuelles ont une tâche bien plus lourde que de refaire le monde, c’est d’éviter qu’il ne soit défait. » 

L’ensemble de la vie sur terre forme un grand système, la biosphère, composé d’éléments interagissant entre eux. Ainsi, toutes les espèces animales et végétales font partie de divers écosystèmes et sont, à ce titre, des maillons indispensables de communautés complexes d’êtres vivants. Elles entretiennent des relations multiples entre elles, qui les rendent souvent interdépendantes. La disparition de l’une d’entre elles entraîne une simplification et une fragilisation de l’écosystème, voire la disparition d’espèces associées. En règle générale, plus un écosystème est diversifié, plus il est productif et stable. Les écosystèmes trop dégradés finissent par ne plus assurer leurs fonctions, ni les services qu’ils rendent aux sociétés humaines.

L’humanité dépend totalement de cette communauté de vie et de cette solidarité naturelle et obligatoire entre les espèces vivantes. Cette notion est bien exprimée par le mot « biosphère » (la sphère où se déploie la vie), à l’inverse du mot « environnement » (ce qui entoure l’homme, volontiers considéré comme une réalité extérieure, immobile, dont on pourrait se passer). On a souvent tendance à oublier que nous ne sommes qu’un élément de la biosphère. Et le plus fragile dans la biosphère, c’est la part du vivant !

Tout être vivant, parce qu’il existe et déploie des stratégies complexes, non mécaniques, pour rester en
vie et se reproduire, a une valeur propre. Il est de notre responsabilité morale de laisser aux générations futures un héritage biologique intact. Toutes les espèces ont le droit d’exister.
Comment accepter que l’on élimine en quelques décennies des espèces vivantes, qui résultent de dizaines de milliers d’années d’évolution ? De quel droit ? Pourquoi ?

   Peter Raven, Missouri Botanical Garden.   
« Nous ne pouvons même pas estimer l’ordre de grandeur du nombre d’espèces vivantes sur la planète, situation inquiétante en termes de connaissance et de notre capacité à améliorer les perspectives d’avenir de l’humanité.
Il y a peu de domaines de la science où nous sachions aussi peu, et aucun qui nous concerne si directement en tant qu’êtres
humains. » 

Au fil des temps, la plus grande valeur de la biodiversité réside dans les opportunités qu’elle fournit à l’humanité pour s’adapter aux changements locaux et globaux. Une plus grande diversité biologique est une sorte d'assurance biologique. Les communautés appauvries ne sont ni prévisibles, ni stables.
Et la valeur future des espèces vivantes est impossible à prévoir…

La biodiversité est un enjeu de sécurité nationale, car les besoins humains sont imbriqués avec celle-ci.

 

L’appauvrissement de la diversité biologique entraînera inévitablement une réduction des choix possibles de développement pour les générations futures. Sauvegarder les espèces vivantes répond au principe de précaution.

   Norman Myers, Green College.   
« Nous sommes la seule espèce dans l’histoire de la vie capable de causer la mort de nombreuses autres espèces, mais aussi la seule à pouvoir en sauver.
On peut considérer l’épisode actuel comme un
défi. » 

L’extinction, un processus naturel, mais accéléré par l’homme...

L’extinction d’une espèce (ou sa disparition définitive) est un processus naturel qui fait partie de l’évolution. 95 % de toutes les espèces qui ont existé sont maintenant éteintes. La durée de vie moyenne d’une espèce serait de quelques millions d’années.
Aujourd’hui, la biodiversité disparaît à un rythme 100 à 1 000 fois supérieur au rythme d’extinction naturelle. Ce n’est pas l’extinction, mais l’accélération du processus d’extinction qui est inquiétant.
L’analyse des fossiles suggère que dans les périodes entre les extinctions de masse, les espèces s’éteignent au rythme annuel de 0.1 à 1 extinction par million d’espèces, ce qui donnerait un taux naturel d’extinction d’environ un mammifère tous les 400 ans, et un oiseau tous les 200 ans.
 
 


   Dr. Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre de Norvège   

 

Catégorie: NATURE
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