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Marcel Pagnol : "Le moyen d'expression importe peu, seule la liberté de création est intéressante."

 

 
Marcel Pagnol (1895-1974)
 
"Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres,
au temps des derniers chevriers".

  


Un homme curieux, éclairé sur toutes choses, à la manière d’un scientifique du siècle des lumières.

Au regard de sa vie, il semble que le moyen d’expression importait peu à Marcel Pagnol. Seule la liberté de création l’intéressait. Ainsi, il quitta les contingences du théâtre pour la liberté de mise en scène que procurait la caméra.
Puis, à une époque où réaliser un film était devenu trop fastidieux, il préféra sa plume sergent major, son encrier et une page blanche. Pour lui, le théâtre et le cinéma n’étaient que des arts mineurs, c'est-à-dire des outils au service de l’art dramatique, au même titre que le stylo n’est que l’outil de l’écrivain.

 « Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer. »
 
Ce refus de l’asservissement de la création par la technique le poussa dès 1933 à tourner en extérieur et à favoriser le naturel des situations et du jeu d’acteur. C’est pourquoi Roberto Rossellini et De Sica diront de lui qu’il était le père du néo-réalisme. Son œuvre est empreinte d’une compréhension hors du commun de l’être humain. Il ne condamne jamais ses personnages ni ne les juge. Chacun a sa chance, son histoire, les pires actions sont toujours pardonnées, l’homme n’est jamais maître de son destin.

 

  Le réalisateur Jean-Charles Tacchella définit le cinéma de Pagnol ainsi :

"C'est cela la leçon de Pagnol : en sortant d'un de ses films, on était heureux.
Parfois même on se croyait meilleur."
 

Une des autres constantes de l’œuvre de Marcel Pagnol est son ancrage dans le sud de la France. Mais, déjouant les pièges du régionalisme, il fît de cette région le centre du monde en donnant à ses personnages et à ses thèmes une dimension universelle, tel Marius, jeune homme à la recherche de lui-même, appelé par l’ailleurs et retenu par l’amour, telle Fanny, sacrifiant sa vie pour faire le bonheur de l’homme qu’elle aime.

L’œuvre de Marcel Pagnol a été adaptée dans le monde entier, en Egypte, en Chine et en Angleterre avec "TOPAZE", au Japon avec deux adaptations de "MARIUS", aux Etats-Unis avec "MARIUS" et "FANNY". Ses livres sont aujourd’hui traduits dans plus de dix langues et les écoles étrangères font étudier le français sur les textes des "SOUVENIRS D'ENFANCE" et de la "TRILOGIE".

        

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Extrait du livre : "La gloire de mon père"

Je triomphai de la règle de trois, j'appris - avec une joie inépuisable - l'existence du lac Titicaca, puis Louis X le Hutin, hibouchougenou et ces règles désolantes qui gouvernent les participes passés. Mon frère Paul, de son côté, avait jeté son abécédaire, et il abordait le soir dans son lit, la philosophie des Pieds Nickelés.

Une petite sœur était née, et tout justement pendant que nous étions tous les deux chez ma tante Rose, qui nous avait gardés deux jours, pour faire sauter les crêpes de la Chandeleur.
Cette invitation malencontreuse m'empêcha de vérifier pleinement l'hypothèse audacieuse de Mangiapan, qui était mon voisin en classe, et qui prétendait que les enfants sortaient du nombril de leur mère.
Cette
idée m'avait d'abord paru absurde : mais un soir, après un assez long examen de mon nombril, je constatai qu'il avait vraiment l'air d'une boutonnière, avec, au centre, une sorte de petit bouton : j'en conclus qu'un déboutonnage était possible, et que Mangiapan avait dit vrai.

 

Catégorie: LITTERATURE
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